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Dimanche 17 avril 2022 – Pâques

Chers frères et sœurs,

Il y a quelques mois, on m’a sollicité pour célébrer les funérailles d’une paroissienne et, comme d’habitude, j’ai rencontré sa famille pour préparer la messe. Avec son mari, cette dame avait été une grande voyageuse, et chaque année était consacrée à la découverte d’une nouvelle destination. Son mari me disait : quand on voyage, on voyage toujours triplement. On voyage d’abord en préparant le voyage, en le planifiant, en y pensant, en en rêvant ; puis on voyage en se rendant sur place ; enfin, on voyage une troisième fois en racontant son voyage à son retour. Cette formule m’a marquée, et, à l’occasion du pèlerinage paroissial à Rome il y a deux mois, j’ai pu constater combien elle était vraie : dans chaque voyage, il y a trois voyages ; dans chaque pèlerinage, il y a trois pèlerinages. Comme une troupe de voyageurs aguerris, l’Église, elle aussi, a vécu le carême comme un long temps de préparation, se souvenant de ses vieux voyages, à travers la Mer Rouge, à travers le désert, et s’entraînant pour celui de cette année : c’était le premier « voyage dans le voyage ». Puis le Dimanche des Rameaux est arrivé, et le deuxième voyage a commencé pour de bon, à la suite de notre guide qui monte à Jérusalem et y vit le mystère de sa propre Pâque. La liturgie a le souci et le génie, par les différentes célébrations qui jalonnent la Semaine Sainte, de nous faire vivre un riche itinéraire avec nos sens, notre corps tout entier, notre intelligence et notre cœur, bref, un voyage complet. Et nous voilà au matin de Pâques, au bout de la piste, devant le tombeau vide, dans la joie de l’aube qui se lève sur Jérusalem et sur la vie des disciples éberlués et émerveillés. Oui, quel inoubliable voyage !Ce voyage de la Semaine Sainte, comment l’avons-nous vécu ? Comme des touristes, ou comme des pèlerins ? Cela, nous le saurons à notre manière de le raconter. Car quand la fête de Pâques se termine, le troisième voyage commence, celui du voyage raconté, et cela fait presque deux mille ans que l’Église vit cette aventure du récit de Pâques. Ainsi, Marie-Madeleine, dès qu’elle découvre le tombeau vide de son Seigneur, court chercher les deux disciples, et leur raconte ce qu’elle a vu ; à leur tour, ceux-ci se lancent dans une course vers le tombeau, vers l’histoire qu’ils vont voir. Chacun voyage à sa façon : le sprint pour saint Jean, le trot pour saint Pierre ; peu importe, l’essentiel étant d’arriver à l’objectif. Courir et raconter, raconter et courir : les deux, voyage et récit, vont ensemble. Dans la première lecture, c’est aussi ce dont il est question : Pierre, sans quitter son pays, voyage pourtant vers l’Empire Romain, à Césarée – le nom parle de lui-même – et chez un centurion. A ces étrangers, à ces païens, il fait le récit, plus long, plus construit, plus théologique, du voyage qui a changé sa vie, sa rencontre avec Jésus, et du voyage de Jésus dans ce monde qui a transformé pour toujours notre vie. Enfin, écoutons bien : il y a dans la liturgie de ce jour de Pâques une invitation au voyage, en chanson. Comme chaque année, l’évangile a été précédé par cette petite séquence en latin, le Victimae Paschali. L’église nous l’offre en introduction, comme pour nous inciter à nous rapprocher des voyageurs, et à les interroger : Dic nobis, Maria, quid vidisti in via ?… « Dis-nous, Marie-Madeleine, qu’as-tu vu sur la route, qu’as-tu vu dans ton voyage ? » Marie-Madeleine, voyageuse de la résurrection,suscite par son témoignage notre désir de voyager, avec le Christ, de la mort à la vie. Parmi le fracas de la guerre, les tensions et les violences de toutes sortes, les confinements et les deuils, les témoins de la résurrection nous parlent d’un pays de paix : Mon enfant, ma sœur, songe à la douceur d’aller là-bas vivre ensemble ! Depuis notre baptême, nous sommes les citoyens de ce pays de la résurrection, promesse et réalité de notre liberté dans le Christ. Chers Aglaé et Oscar, célébrer votre baptême ce matin, au cours de cette messe de la Résurrection du Seigneur, c’est vous embarquer avec nous dans le grand voyage de l’Église du Christ : un voyage à préparer, un voyage à vivre, un voyage à raconter. Vos parents, vos parrains et marraines seront vos Marie-Madeleine, vos premiers témoins du ressuscité : interrogez-les, questionnez-les, demandez-les de vous dire ce que c’est que de devenir pèlerins de la mort vers la vie, avec Jésus ! Comme les deux disciples, allez à votre tour au-devant de Jésus, pour voir, et pour croire. Le matin de Pâques s’est levé, la résurrection nous entraine plus loin que la nuit et le jour, dans l’espace inouï de l’amour… Voyage, voyages, éternellement ! Amen.

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