Dimanche 29 Novembre (1er dimanche de l’Avent)

Frères et sœurs, 

Les textes que nous avons eu dans la liturgie ces derniers jours nous invitaient à l’espérance. Ils nous invitaient à nous tourner vers la fin des temps, vers ce moment où le Christ « viendra de nouveau revêtu de sa gloire » comme le dit la 1èrepréface de l’avent que nous entendrons tout à l’heure, où nous pourrons alors entrer dans cette joie éternelle d’être avec Dieu. Se tourner vers cet évènement futur est loin d’être une fuite de la réalité dans laquelle nous sommes. Au contraire, cela permet de donner un sens à ce que nous vivons. Et c’est là tout le sens du temps de l’Avent qui commence aujourd’hui : donner un sens à ce que nous vivons aujourd’hui en nous préparant dès maintenant à le recevoir. 

L’Avent est ce temps à la croisée des chemins où nous nous préparons à faire mémoire de la naissance du Christ, où Dieu a déchiré les cieux et est descendu parmi nous afin de nous sauver ; et où nous nous préparons à son retour dans la gloire à la fin des temps. Aujourd’hui si nous entrons dans l’Avent, nous commençons aussi une nouvelle année liturgique. Et si l’Église propose ce temps pour commencer l’année c’est afin de nous rappeler que même si notre espérance nous tourne vers l’avenir, nous sommes appelés à vivre pleinement ici et maintenant ce qui est juste. Et c’est ce que nous rappelle les textes de ce 1er dimanche de l’avent. 

Dans l’évangile que nous venons d’entendre le personnage central de la parabole que donne Jésus est le portier. Dans les tâches que donne le maître à ses serviteurs, la seule qui soit explicitée est celle du portier : « au portier il est demandé de veiller » (Mc 13, 34). Et tout de suite après le Christ reprend la parole en s’adressant à ses apôtres « veillez donc ». Le Christ veut montrer à ses apôtres l’attitude fondamentale de celui qui se met à sa suite : Veiller. 

Pour ceux, qui a cet instant précis seraient tentés de se rendormir confortablement installés dans leur canapé en se disant que si c’était pour les apôtres, cela veut dire que c’est pour les prêtres, les évêques successeurs des apôtres, je me permets d’aller directement à la fin de l’évangile où Jésus dit : « ce que je vous dis là, je vous le dis à tous : veillez ». Il n’y a plus de doute possible : cette vigilance dont parle Jésus nous concerne tous. L’attitude de la veille est donc celle que nous devons adopter durant ce temps de l’Avent qui s’ouvre devant nous. 

Mais au fond, que signifie veiller ? Le rôle du portier est central pour les autres serviteurs puisqu’il est celui qui leur annoncera l’arrivée du Maître. S’il n’est pas prêt au moment du retour, personne ne le sera. Il ne peut donc pas dormir, il doit veiller. C’est le sens de la messe de rorate qu’il nous est proposé de vivre deux fois par semaine dans la paroisse. Cette messe que nous célébrons avant le lever du soleil nous aide à nous préparer au retour du seul vrai soleil capable d’illuminer notre vie : le Christ. Mais cette vigilance à laquelle le Christ nous invite ne concerne pas simplement une attente du retour en gloire du Christ, elle est avant tout une attitude spirituelle. 

Dans l’Évangile le fait de détailler le rôle du portier à la suite des rôles donnés aux serviteurs nous invite à comprendre que la vigilance que le Seigneur attend de nous doit être active. Cette vigilance à laquelle nous sommes invités est là pour éviter que nous nous laissions surprendre, pour éviter que nous nous endormions dans notre vie. C’est ce que rappelle le Christ lorsqu’il est à la veille de sa Passion dans le jardin de Gethsémani : « Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation » (Mt 26, 41). 

Ce temps de l’Avent, dont la vigilance doit être pour nous le maître mot, est un temps pour réorienter notre vie vers Dieu. Dans la première lecture le Prophète Isaïe nous propose la prière d’un pénitent dans laquelle l’homme se reconnait fils d’un Dieu qui vient le libérer et dans laquelle il est invité à se laisser façonner par ce Père. La vigilance à laquelle le Christ nous appelle dans l’évangile et qui nous oriente vers Dieu, se concrétise dans notre vie, ici et maintenant, par la conversion comme le rappelle la couleur violette que nous portons durant le temps de l’Avent. Nous avons à préparer un lieu pour accueillir Dieu qui vient le soir de Noël planter sa tente parmi nous. 

Frères et sœurs, lorsqu’avant le drame nous invitions quelqu’un chez nous que faisions-nous ? Il me semble que ce que nous faisions se résume en trois choses : nous préparions un repas, nous nous préparions nous-mêmes et peut être notre maison, et nous attendions notre hôte sans parfois savoir à quelle heure il arriverait véritablement, quart d’heure lyonnais oblige. C’est ce que nous faisons pendant ce temps de l’Avent, à un détail près : c’est le seigneur qui par l’eucharistie nous invite à sa table. Mais à part le repas, nous avons à nous préparer c’est-à-dire nous rendre présentable pour le Seigneur, voir en nous ce qui n’est pas encore ajusté à l’amour qu’il nous porte. Et nous avons à attendre, à veiller pour être prêt dès qu’il arrivera. 

Maintenant nous savons ce que nous avons à faire : veiller et nous convertir. Peut-être pouvons-nous nous dire que nous ne serons jamais prêts. Pas de panique ! St Paul dans la lettre aux Corinthiens, vient nous rassurer. En Jésus nous avons toutes les grâces nécessaires pour marcher à sa suite, et c’est même lui qui nous « fera tenir fermement jusqu’au bout ». Cette veille que nous avons à vivre durant le temps de l’Avent, nous tourne vers Dieu et nous invite à faire mémoire de la fidélité du Seigneur qui s’est Incarné pour nous sauver. Si nous en faisons mémoire c’est pour puiser notre force dans cette fidélité que Dieu a pour nous. 

Ainsi frères et sœurs, dans ces temps troublés que nous vivons, que ce temps de l’Avent qui commence aujourd’hui nous permettent de nous mettre dans une attitude de veille qui nous tourne résolument vers le Christ qui seul peut nous sauver. Demandons au Seigneur que cette vigilance à laquelle il nous appelle nous permette de nous préparer à le recevoir en puisant notre force en Lui. 

Amen. 

Abbé Séverin Lang

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