Jeudi 19 Novembre

Chers frères et sœurs, dans l’évangile que la liturgie nous propose pour aujourd’hui, nous voyons Jésus pleurer sur Jérusalem. Mais pour mieux comprendre l’origine et le sens de ces pleurs, il nous faut voir ce qui précède notre passage : l’entrée de Jésus à Jérusalem, où il est accueilli comme un roi (Lc 19, 28-40). 

Cette foule qui l’acclame avec un enthousiasme débordant, est la même qui quelques jours plus tard criera, poussée par les grands-prêtres « à mort, crucifie-le ! », et Jésus le sait. Cette foule parle de paix (Lc 19, 38), mais n’accueille finalement pas au plus profond de son cœur la Paix qui est le Christ, et Jésus le sait. Le Christ sait tout cela et c’est pour ces raisons qu’Il pleure. Il pleure parce que Jérusalem ne reconnait finalement pas en Lui celui qui donne la paix. Il pleure parce qu’au fond, le cœur du peuple est fermé.

Les versets qui sont au milieu de notre texte, expriment une certaine violence et sont souvent vus comme annonçant ce qui arrivera à Jérusalem et plus particulièrement au Temple de Jérusalem en 70. Avec les pleurs de Jésus nous comprenons que ces versets ne sont pas une condamnation portée par Jésus à l’encontre de Jérusalem. En pleurant Jésus nous montre combien il est affecté par la dureté du cœur de Jérusalem, et du peuple. Au fond Jésus montre combien il aime ce peuple, et combien il souhaite que ce peuple saisisse cet amour qu’Il lui porte. Il s’agit pour le peuple d’une invitation à reconnaitre Dieu qui le visite. 

Nous-mêmes frères et sœurs nous sommes invités avec le peuple à reconnaitre dans notre vie ce Dieu qui nous visite, ce Dieu qui par l’Incarnation vient demeurer au milieu de nous. Nous voilà à quelques jours de l’entrée dans ce temps de l’Avent où nous nous préparons notamment à faire mémoire de cette visite de Dieu parmi son peuple. Peut-être nous arrive-t-il de ne pas accueillir la Paix que Dieu nous donne, parce que nous sommes trop pris par nos activités, ou parce que nous pensons pouvoir tout faire sans lui ? Jésus ne pleure pas simplement sur la ville de Jérusalem, mais à travers ses pleurs sur Jérusalem, c’est sur chacun de nous que Jésus pleure. Il pleure chaque fois que nous ne reconnaissons pas sa présence en nous, chaque fois que nous ne nous appuyons pas sur la paix qu’il nous donne. Autrement dit Jésus pleure lorsque nous n’écoutons pas sa parole et que nous ne la mettons pas en pratique. 

Frères et sœurs, à l’approche du temps de l’Avent, et pour mieux nous préparer à fêter Noël, demandons au Seigneur la grâce d’ouvrir notre cœur, et « d’écouter la voix du Seigneur » comme nous y invite le verset de l’alléluia. 

Amen. 

Abbé Séverin Lang

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